Le chant du rossignol.
Nul n'ignore que l'oiseau divin seul sait chanter. Les autres sifflent, gazouillent, mais n'ont point de registre. Ils ne possdent que trois ou quatre notes gales, rptes sans inflexions. Lui, bien qu'il ne connaisse pas de ton, ni de rythme, que l'on ne puisse point crire ce qu'il chante, il module sa berceuse, - car il ne chante qu' la saison des nids - , il enfle, file, prcipite les sons, trane ou rompt la phrase, la pique de cris fluides, remplit de soupirs ou de sanglots pathtiques, monte et descend la gamme en quelques coups de gosier, respire enfin entre deux clats, comme s'il sentait la valeur d'un silence subit... Et tout cela est pur, clatant, facile...
J. de Pesquidoux.
