Cosette et le seau.
Cosette saisit l'anse  deux mains. Elle eut de la peine  soulever le seau. Elle fit ainsi une douzaine de pas, mais le seau tait plein, il tait lourd, elle fut force de le reposer  terre. Elle respira un instant, puis elle enleva l'anse de nouveau et se remit  marcher, cette fois un peu plus longtemps. Mais il fallut s'arrter encore. Aprs quelques secondes de repos, elle repartit. Elle marchait penche en avant, la tte baisse, comme une vieille, le poids du seau tendait et raidissait ses bras maigres ; I' anse de fer achevait d'engourdir et de geler ses petites mains mouilles ; de temps en temps, elle tait force de s'arrter, et chaque fois qu'elle s'arrtait, I'eau froide qui dbordait du seau tombait sur ses jambes nues. 
Victor Hugo.