Les cerisiers (2).
D'un bord  l'autre de l'avenue, tant les cerisiers taient vieux, les pointes des rameaux en fleur se touchaient et se mlaient. Un peuple d'abeilles les enveloppait d'ailes battantes. Une odeur subtile de miel flottait en charpes dans l'avenue, et s'en allait au vent de la plaine, sur les gurets, sur les terres  peine vtues et surprises par ce printemps. Il n'y avait point d'arbres, dans la grande valle ouverte, qui puissent lutter de splendeur avec ce chemin de paradis.
Ren Bazin.