Le piano (2).
Le coeur lui bat, en appuyant le doigt sur la touche ; quelquefois, il le relve, aprs l'avoir enfonc  moiti, pour le poser sur une autre. Sait-on ce qui va sortir de celle-ci, plutt que de celle-l ?... Tout  coup, le son monte : il y en a de profonds, il y en a d'aigus, il y en a qui tintent, il y en a d'autres qui grondent. L'enfant les coute longuement, un  un, diminuer et s'teindre ; ils se balancent comme les cloches, lorsqu'on est dans les champs, et que le vent les apporte et les loigne tour  tour.
Romain Rolland.