Elle meurt de faim ponctuellement  l'heure des repas. Elle dlire d'enthousiasme  l'heure de la promenade. Elle ne se trompe pas de chaise  table, chrit le poisson, prise la viande, se contente d'une crote de pain, gobe en connaisseuse la fraise et la mandarine. Si je la laisse  la maison, le mot " non ! " lui suffit; elle s'assoit sur le palier d'un air sage et cache un pleur. En mtro, elle fond sous ma cape, en chemin de fer elle fait son lit elle-mme, brassant une couverture et la moulant en gros plis. Ds la tombe du jour, elle surveille la grille du jardin et aboie contre tout suspect.


						Colette