Rro attendait, les yeux fixs sur la bte rousse, les oreilles coutant le crpitement lger des faines qu'elle grignotait l-haut. Elle les portait des deux mains  sa gueule, les dcortiquait lestement. Aprs quoi, d'une seule patte, elle les poussait contre ses incisives qui cisaillaient et rongeaient l'amande pale, si vite qu'elle semblait fondre comme une noix de beurre dans la pole. Enfin l'cureuil eut mang. Il se tourna sur la fourche de branches, se retourna, sauta, et descendit, la tte en bas, le long du tronc. Rro le vit passer prs de lui, trottant sur l'ados du foss. Il vit onduler sous ses yeux les courbes vives de son lan, il vit les aigrettes de poils raides  la pointe de ses oreilles, et la longue queue fourre que l'air semblait soulever comme l'aile d'un oiseau.



				Maurice Genevoix