Depuis la dernire nuit de pleine lune, les lphants fuyaient  travers la savane. Ils fuyaient les hommes blancs porteurs du tonnerre et les rabatteurs ngres arms d'une longue lance. Surtout, ils fuyaient le feu! la fleur soudaine aux innombrables ptales rouges, insidieux- et cruels, l'trange fleur vivante qui parfois tombe du ciel et qui meurt au bord de l'eau avec des barrissements rageurs... Ils fuyaient le feu qui rampe, qui court, qui vole, le feu qui dvore les herbes sches, les cafiers sauvages, les arbustes pineux et qui triomphe mme des grands arbres, le feu qui crpite, qui gronde, qui siffle, qui ronfle, qui hurle, le feu qui crache la fume suffocante et dont les morsures sont plus douloureuses que les morsures de l'acier... Ils fuyaient le feu, l'arme mystrieuse et terrible des hommes.



					 Ernest PEROCHON