Il y avait l un pot d' oeillet tout en verdure, et il chantait  voix basse : -Le vent m'a caress, le soleil m'a donn une petite fleur, une petite fleur pour dimanche. 
Ensuite, le petit garon passa par une grande salle ; les murs taient recouverts de cuir gaufr,  fleurs et arabesques toutes dores, mais ternies par le temps. 
-La dorure passe, le cuir reste, marmottaient les murailles. 
Puis l'enfant fut conduit dans la chambre o se tenait le vieux monsieur, qui l'accueillit avec un doux sourire, et lui dit : 
-Merci pour le soldat de plomb, mon petit ami; et merci encore de ce que tu es venu me voir. 
Et les hauts fauteuils en chne, les grandes armoires et les autres meubles en bois des les craquaient, et disaient : 
-knick, knack, ce qui pouvait bien vouloir dire : -Bien le bonjour !  Le soir, le petit garon rentra chez lui. Des semaines s'coulrent, et l' hiver arriva. Les fentres taient geles, et l'enfant tait oblig de souffler longtemps sur les carreaux, pour y faire un rond par lequel il pt apercevoir la vieille maison. Les sculptures de la porte, les tulipes, les trompettes, on les voyait  peine, tant la neige les recouvrait. La vieille maison paraissait encore plus tranquille et silencieuse que d'ordinaire; et, en effet, il n'y demeurait absolument plus personne: le vieux monsieur tait mort, il s'tait doucement teint. 
(Extrait de: La vieille maison d'Andersen)

