Le soir, comme c'tait l'usage dans le pays, une voiture tendue de noir s'arrta devant la porte ; on y plaa un cercueil, qu'on devait porter bien loin, pour le mettre dans un caveau de famille. La voiture se mit en marche ; personne ne suivait que le vieux domestique; tous les amis du vieux monsieur taient morts avant lui. 
Le petit garon pleurait, et il envoyait de la main des baisers d'adieu au cercueil. 
Quelques jours aprs, la vieille maison fut pleine de monde, on y faisait la vente de tout ce qui s'y trouvait. Et, de la fentre, le petit garon vit partir, dans tous les sens, les chevaliers, les chtelaines, les pots de fleurs en faence, les fauteuils qui poussaient des knik-knak plus forts que jamais. Le portrait de la belle dame retourna chez le marchand de bric--brac; si vous voulez le voir, vous le trouverez encore chez lui; personne ne l'a achet, personne n'y a fait attention. 
Au printemps, on dmolit la vieille maison. 
(Extrait de: La vieille maison d'Andersen)

